Vendredi 9 décembre 2005
    A l’origine, l’opération Mamba est une opération purement française. C’est le 16 juin 2003 qu’elle prend le nom d’Artémis et devient européenne.

En effet, début mai 2003, le Secrétaire Général de l’ONU, avait demandé qu’une force multinationale intérimaire soit déployée afin de sécuriser la ville de Bunia et de donner ainsi à la MONUC(1)  les délais nécessaires à un redéploiement de ses moyens. Le 12 mai, la France répond favorablement à cette demande, sous réserve d’un mandat précis relevant du chapitre VII, de son inscription dans un cadre espace temps limité et en coopération avec les états de la région. Le 30 mai, la résolution 1484 est adoptée.

On est dans le cadre d’une crise africaine classique avec de multiples factions dont les antagonismes politiques et ethniques sont attisés par les pays voisins. Il n’y a pas de problèmes religieux, la majorité de la population étant catholique.

A Bunia existe un aéroport dont l’état de la piste impose des réparations après une dizaine de poser d’avions de type C130, Transal. Toutes les nuits la piste doit être réparée.
 

(1) Mission  Organisation Nations Unies pour le Congo.

 

La mission donnée par l’EMA (CPCO) est simple et claire «tout en contrôlant l’aéroport, appuyer l’action de la force MONUC à Bunia, en mesure d’intervenir à son profit et de participer à la protection des populations en cas d’agression avérée à leur encontre dans la zone opérationnelle de la force multinationale. La zone d’action est limitée à l’aéroport et à la ville de Bunia, ainsi qu’à leurs abords immédiats. »

 Entre la reconnaissance à partir du 16 mai, l’arrivée à Entebbe où est déployée la BSVIA (base de soutien à vocation interarmées) le 9 juin et la mise en place du premier détachement à Bunia ,le 10 juin, moins d’un mois s’est écoulé.

Il faudra ensuite un mois pour le déploiement complet de la Force à Bunia, par une mise en place «à la petite cuillère».

 

Organisation du commandement et forces engagées :

Il s’agit d’une opération européenne. Le Comité militaire de l’union européenne représente le niveau stratégique. Un «OHQ» déployé à Paris à l’EMA, commande l’opération avec, à sa tête, un général français assisté d’un état-major multinational constitué à partir d’un EMF. Le «FHQ» se trouve à Entebbe. Un «FHQ» avancé est à Bunia. Le «FHQ» est commandé par le COMANFOR, un général français, avec l’état-major de la 9ème brigade, renforcé en multinational.

Dans les faits, le COMANFOR sera essentiellement présent à Bunia.

La Force comprend :

- Un GTIA à 2 compagnies d’Infanterie (VAB), un escadron blindé (ERC 90), une compagnie du Génie, une section de mortier 120, une patrouille ALAT à 2 gazelles canons et Hot.

- Un groupement des Force spéciales (environ 150).

- Des renforts multinationaux (suédois, britanniques, belge, sud-africains).

Les effectifs sur le terrain représentent 1 700 personnels de l’Armée de terre, 500 de l’Armée de l’air pour la France et 325 multinationaux.

Les moyens air sont de : 2 C160 – 3 C130 – 5 Mirages F1 – 5 Mirages 2000 D – 2 C135 – 2 Puma. Les moyens terre sont de : 7 ERC Sagaie - 41 VAB- 16 BVL – 4 Mortiers 120.

 

Déroulement des opérations :

 

Après une mise en place en premier des forces spéciales à partir d’Entebbe, le GTIA a progressivement pris le contrôle de la ville, permettant ainsi d’imposer progressivement un désarmement total des milices. A partir du 26 juin, la zone est contrôlée et progressivement étendue aux alentours de l’agglomération et de son environnement plus lointain. A trois ou quatre reprises, des actions de force sont engagées ; elles permettent à la force de s’imposer rapidement. C’est ainsi que le camp de Rwampara est investi, que le camp de Miaia est contrôlé et fouillé.

Toute provocation étant contrée, le calme s’impose. Les miliciens de l’UPC se retirent et libèrent la ville, la population revient.

Les forces spéciales, bien armées, assurent les actions de force, appuyées et relevées            par des forces du GTIA.

A partir du 15 juillet, la Task Force II, de la MONUK, en majorité Bangladeschi, se met progressivement en place pour atteindre un effectif de 4 000 hommes. Le 1er septembre le transfert de responsabilité est effectué et la force est rapatriée.

    Cette opération est exemplaire. Elle est la première d’un engagement européen autonome qui a montré l’aptitude de la France a remplir les fonctions de nation cadre et dans laquelle l’armée de terre a démontré son savoir-faire, sa réactivité et sa rusticité.

Il ne fait aucun doute que des enseignements en seront tirés pour établir au niveau européen des procédures et des dispositions concrètes de conduite d’opération de ce type.

par amispheresud publié dans : Défense et Sécurité en Afrique.
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