Vendredi 7 avril 2006

La loi a été promulguée le 31 mars 2006 et a été publiée au Journal officiel du 2 avril 2006.

Le Conseil constitutionnel, ayant été saisi le 14 mars 2006 d’un recours déposé par plus de 60 députés et plus de 60 sénateurs, avait rendu sa décision le 30 mars 2006 et avait validé, pour l’essentiel, le projet de loi.

Le texte définitif du projet de loi avait été adopté le 9 mars 2006, le Sénat ayant adopté le texte mis au point par la Commission mixte paritaire, texte déjà adopté par l’Assemblée nationale le 8 mars 2006.

Le projet de loi avait été adopté par le Sénat en première lecture, avec modification, le 5 mars 2006.

Le gouvernement avait engagé, le 9 février 2006, sa responsabilité devant l’Assemblée nationale sur ce texte, en application de l’article 49 alinea 3 de la Constitution (le 49.3). En l’absence de vote d’une motion de censure dans un délai de 24 heures, le texte a été considéré comme adopté dans son intégralité par l’Assemblée nationale, urgence déclarée.

Le projet de loi avait été présenté en Conseil des ministres le 11 janvier 2006.

Ce texte est présenté comme une réponse aux situations d’inégalités et de discrimination qui touchent les populations des quartiers difficiles, notamment les jeunes.

Cinq objectifs principaux sont annoncés :

- favoriser l’emploi des jeunes résidant dans les zones urbaines sensibles

- renforcer la lutte contre les discriminations

- encourager les parents à exercer leur autorité parentale

- renforcer les pouvoirs des maires face aux délits et incivilités

- mettre en place un service civil volontaire permettant l’acquisition d’une formation civique et professionnelle

Les principales mesures sont :

- l’institution de "l’apprentissage junior" à partir de 14 ans, comportant une première phase d’initiation aux métiers (phase initiale) et une seconde phase durant laquelle le jeune se trouve réellement sous contrat d’apprentissage (phase confirmée). La possibilité d’un retour à l’enseignement général à la fin de la phase initiale est prévue.

- 15 nouvelles "zones franches urbaines" sont créées, ce qui devrait porter à 100 le nombre des ces zones dans les quartiers difficiles

- une Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances doit être créée, chargée de mener des actions dans les quartiers.

- les pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) doivent être renforcés, la pratique du "testing" (contrôle à l’improviste des pratiques discriminatoires dans les discothèques, entreprises, agences immobilières, etc...) est légalisée.

- un contrat de responsabilité parentale sera institué pour les parents d’enfants délinquants avec supension éventuelle de certaines allocations en cas de non respect de leurs obligations par les parents.

- le service civil mis en place devra concerner des jeunes entre 16 et 25 ans, sa durée sera comprise entre 6 et 12 mois. Il devrait compter 50 000 jeunes à la fin de 2006.

- un nouveau type de contrat de travail est créé à destination des jeunes travailleurs (moins de 26 ans) : le "contrat première embauche" (CPE). Ce contrat, annoncé comme un contrat à durée indéterminée (CDI), est cependant assorti d’une période de 2 ans (dite "période de consolidation") durant laquelle il sera possible de le rompre sans motif. En cas de rupture du CPE par l’employeur, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat égale à 8 % du montant total de la rémunération brute depuis la conclusion du contrat. Si la rupture se produit après 4 mois, une allocation forfaitaire de 16,40 euros par jour (492 euros par mois), financée par l’Etat, est versée pendant 2 mois. Ces dispositions créant le CPE ont été ajoutées, sous la forme d’un amendement déposé par le gouvernement, au cours du débat à l’Assemblée nationale.

 

par Amispheresud publié dans : civis
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Vendredi 7 avril 2006
La loi récemment promulguée par le Président de la République est la loi sur l’égalité des chances et non pas la loi CPE, même si certains s’efforcent d’entretenir la confusion. Le CPE ne concerne en effet qu’un seul des 52 articles de la loi. S’il était nécessaire de promulguer rapidement cette loi, c’est parce que les 51 autres articles comprennent des dispositions pour les jeunes, aussi importantes que l’apprentissage et l’alternance en entreprise, l’encadrement et l’indemnisation des stages, la réforme du contrat jeune, la création de l’agence nationale pour la cohésion sociale, l’instauration du CV anonyme, la mise en place du contrat parental ou la création du service civil volontaire. Elle comprend aussi des dispositions largement approuvées comme le renforcement des pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations ou le renforcement des zones franches urbaines.

Alors, arrêtons de laisser croire aux Français qu’il s’agit d’une loi promulguée mais qui ne s’appliquerait pas. C’est faux. Cette loi s’applique dès maintenant dans 98 % de ses dispositions et il était urgent d'agir.
N’oublions pas novembre 2005 ! C’est quatre mois plus tard que les mesures proposées pour l’égalité des chances ont été adoptées par l'assemblée nationale.

Cette loi veut mettre fin à des situations inacceptables d’injustice, d’inégalité et de précarité. Elle apporte des réponses structurelles dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et du développement économique. Elle développe l’apprentissage comme voie d’excellence, notamment avec l’apprentissage junior dès quatorze ans. Elle encadre et valorise les stages. Elle crée quinze zones franches et favorise la première embauche des jeunes les plus touchés par le chômage.

Elle apporte également des réponses aux graves questions d’inégalité et de discrimination. Elle instaure une agence nationale de cohésion sociale et d’égalité des chances. Elle renforce la présence de l’État dans les quartiers défavorisés et le soutien aux associations. Elle renforce les pouvoirs de la HALDE et porte les sanctions jusqu’à 15 000 euros. Elle légalise la pratique du test à l’improviste, préserve l’anonymat dans le recrutement et permet de veiller à ce que les médias reflètent la diversité de notre société. Enfin, elle crée un service civil volontaire qui va donner à 50 000 jeunes un encadrement et une formation nécessaires à leur intégration sociale et professionnelle. Alors, n’oubliez pas que cette loi permet aussi le retour de la confiance pour tous les Français qui restent sur le banc de touche pour cause de discrimination.
par Nze Ekekang Freddy publié dans : civis
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