Mercredi 1 février 2006

Depuis le début des années 1990, de nombreuses opérations nationales et multinationales de maintien de la paix ont été menées en Afrique. L’instabilité presque chronique et les conflits que connaît le continent africain justifient l’assistance et l’intervention de la communauté internationale. A tous les niveaux (politique, économiques, humanitaire et en matière de gestion militaire et civile des crises). En 2005, sur 53 pays africains, au moins une vingtaine sont touchés par des conflits armés ou traversent une phase d’instabilité politico-économique.

Ainsi la relation entre l’Union européenne et le continent africain par l’intermédiaire de l’Union Africaine se polarisent sur quatre domaines : la paix et la sécurité ; la gouvernance ; l’intégration régionale et le commerce ; les questions de développement (VIH, l’endettement, la sécurité alimentaire). Il y a de nombreuses raisons qui expliquent l’importance de l’Afrique et le caractère crucial de la stabilité de ce continent pour l’Union européenne.  Elles sont d’abord d’ordres économiques et sécuritaires. L’Afrique  reste un important partenaire commercial pour l’Union européenne avec des perspectives de développement prometteuses. Même si l’Afrique n’est pas un des principaux partenaires commerciaux de l’Europe, Elle est riche en matières premières dont l’exploitation commerciale est touchée par l’instabilité chronique des Etats africains. Il existe donc un line traditionnel et historique avec le continent africain qui incite à préserver ses relations avec l’Union européenne.

Pourtant, l’Union européenne commence à considérer l’Afrique comme une menace potentielle sur sa propre sécurité. Sans une bonne gouvernance, sans forces de sécurité adéquates ou sans renseignement approprié, les groupes et les factions extrémistes ont le champ libre pour créer des réseaux et développer des cellules terroristes. Une autre inquiétude est celle de l’immigration clandestine. Lorsque des populations fuient des régions en crise pou rechercher de meilleures conditions en Europe, cela engendre deux types de retombés négatives. D’une part, l’immigration clandestine ne fait que transférer les problèmes d’une région à une autre sans les résoudre. D’autre part, et cet aspect est important, la montée des formations politiques d’extrême droite en Europe est directement liée aux effets de l’immigration clandestine.

 Il faut donc promouvoir un dialogue privilégié entre Union Africaine et Union européenne. Le premier sommet UE-UA le 3 et 4 avril 2000 propose de mettre en place un cadre d’un partenariat constructif entre les deux institutions.  Le titre V  de ce plan d’action établi lors de ce sommet est consacré à la consolidation de la paix et à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits.

 

      Le caractère stratégique du partenariat unissant l’UE et l’UA a été de nouveau énoncé et renforcé  au cours de l’année 2003, lorsque le commissaire de l’UA ( Saîd Djinnit) pour la paix et la sécurité et Javier Solana le SG/HR de l’UE se sont rencontré. Néanmoins, l’UE considère que « la responsabilité principale relative à la prévention, la gestion et le règlement des conflits sur le continent africain incombent aux africains eux-mêmes»*. D’ailleurs, elle considère « que l’UA et les organisations sous-régionales africaines sont les principaux acteurs de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits en Afrique »*. Ainsi, l’Union européenne a placé cette organisation régionale au cœur de sa politique africaine : le 26 janvier 2004, les membres de l’UE ont arrêté une position commune relative à la prévention et au règlement des conflits en Afrique qui réaffirme le soutien des européens à l’action de l’UA, dans ce domaine.  A ce titre, l’UE s’engage auprès de l’UA sur la voie de la paix. L’Union africaine prévoit, dans son projet d’architecture de gestion des conflits en Afrique, de s’appuyer sur les différentes organisations sous-régionales. Par conséquent l’UE se doit aussi de se tourner vers ces organisations sous régionales.

Pourtant, les capacités générales en termes de maintien de la paix de tous les ensembles régionaux et sous-régionaux sont  limitées. Un partage entre UE et UA doit s’établir : c’est aux Africains qu’ils incombent en premier lieu de prévenir les conflits et de maintenir la paix et, dans le cadre d’un partenariat stratégique qui doit être développé entre l’UE et l’UA, l’Union européenne et la Commission européenne apportent une assistance significative aux capacités africaines de gestion politique et militaires des crises.

Alors qu’aujourd’hui encore, la coopération militaire avec l’Afrique repose sur des pourparlers bilatéraux entre les Etats d’Europe occidentale et ceux d’Afrique, il faudrait que l’UE intensifie sa collaboration avec d’autres organisations internationales et régionales telles que les Nations Unies et l’UA. L’idée n’est pas de chassé les pays européens qui ont une tradition de coopération avec les Etats africains mais il faudrait pouvoir « mutualiser » les moyens de ces pays au sein d’une logique européenne.

 

* Publié dans le Journal Officiel de l'UE du 28/01/2004

par Nze Ekekang Freddy publié dans : Défense et Sécurité en Afrique.
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Mercredi 1 février 2006

Les plus importantes mesures prises par les Etats-Unis pour le maintien de la paix en Afrique l’ont été en 1996 avec la création de l’African Crisis Response Force (ACRF) conçue pour faire face à la crise humanitaire imminente au Burundi cet été là. Mais faute d’un soutien suffisant, elle a été converti en programme moins controversé, l’African  Crisis Response Initiative (ACRI). L’ACRI comme nous l’avons déjà vu ici, était axée sur la formation des militaires africains aux opérations humanitaires et de maintien de la paix, et elle a entrepris de dispenser des cours théoriques à environ 12000 africains et une formation sur le terrain. Les objectifs principaux étaient les suivants :

  • Assurer l’interopérabilité entre forces de maintien de la paix en standardisant les communications et en menant des exercices d’entraînement communs ;
  • Développer la capacité à faire face rapidement et efficacement aux situations d’urgence en Afrique ;
  • Entreprendre des missions traditionnelles de maintien de la paix, comme l’autorise le chapitre VI de la Chartre des Nations Unies.
  • Apporter son concours aux missions d’aides humanitaire.

 

 

 

A la fin de sa mission, sous l’administration Bush, l’ACRI a été transformé en un nouveau programme, l’African Contingency Operations Training and Assistance (ACOTA). Ce programme se concentre sur la formation d’instructeurs militaires et équipe les militaires africains. L’une des différences majeures avec ACRI et que COTA comprend également le maniement des armes et la consolidation de l’expérience des militaires dans les domaines tels que les opérations menées par des petites unités. Le financement du maintien de la paix en Afrique par le biais de l’ACOTA devrait s’élever à 15 millions de dollars pour 2004.

D'autres programmes de maintien de la paix ont été poursuivis par les Etats-Unis en Afrique. Citions l'International Military Education and Trainig Programme (IMET), qui forme les officiers africains de 44 pays dans des centres américains; l'African Regional Peacekeeping Programme ( ARP), dont le but essentiel est de former des unités nigérianes, sénégalaises et ghanéennes stationnées en Sierra Leone, ainsi que des unités ghanéennes stationnées au Liberia; le Joint/Combined Exchanged Training, qui a formé de petites unités sur une période de un mois ( ce programme n'est pas un programme de maintien de la paix) et l'opération Focus Relief (OFR), conçue pour former des bataillons africains au maintien de la paix en Sierra Leone dotés d'une capacité de réaction de 30 jours.

 Les Etats Unis ne sepréoccupent pas uniquement de la formation au maintien de la paix. Ils s'occupent aussi d'autres activités à l'intérieur des frontières africaines, à savoir essentiellement le terrorisme. Après le 11 septembre 2001, ils ont mis sur pied la Pan-Sahel Initiative avec le Mali, le Niger, le Tchad et la Mauritanie. Celle ci vise à aider ces pays à détecter et à combattre tout déplacement suspect de personnes et de biens aux frontières et à l'intérieur des frontières par la formation, l'équipement et la coopération. Les deux objectifs de la Pan-Sahel Initiative sotn de faire la guerre au terrorisme et d'accroitre la paix et la sécurité régionale en Afrique.

Bien entendu, la priorité pour les Américains, n'est pas le continent africain. Néanmoins, toutes ces initiatives ont le mérite de faire exister sur le champs politique américain, l'Afrique.

par Nze Ekekang Freddy publié dans : Défense et Sécurité en Afrique.
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