Mardi 16 janvier 2007

UNE POLITIQUE DE DISCRIMINATION POSITIVE SELON l'UMP

Certains territoires concentrent aujourd'hui toutes les difficultés. Les personnes qui y vivent sont privées d'un droit essentiel: espérer. Cet échec est celui de nos politiques sociales, qui refusent de constater que tout le monde ne part pas sur la même ligne de départ. Aussi, la discrimination positive, encore appelée équité ou justice compensatrice, est-elle le seul moyen de rendre égales des situations qui ne le sont pas et de donner à chacun la possibilité d'exprimer son mérite et son talent. Il ne s'agit pas de remettre en cause l'indivisibilité de la République, mais de la restaurer.

Développer
l'aide à la petite enfance dans les quartiers défavorisés

L'égalité des chances se joue dès le plus jeune âge. La mise en place d'une aide volontariste à la petite enfance et aux familles permettrait de compenser le handicap irréversible que certains enfants prennent dès l'enfance. Des expériences ont déjà été menées. Il faut les généraliser.

Proposer un engagement de diversité aux employeurs
Pour éliminer les discriminations fondées sur le nom ou l'origine d'un candidat, les CV anonymes pourraient être développés dans les moyennes et grandes entreprises (envoi du CV au service du personnel et anonymisation par ce service avant diffusion).
Une incitation fiscale pourrait bénéficier aux entreprises qui acceptent de confier au moins 5 % de leurs recrutements annuels à une fondation spécialisée dans la sélection des personnes issues des minorités visibles.
Des objectifs d'accès de ces personnes aux postes à responsabilité dans les entreprises et les administrations pourraient être fixés. Les marchés publics pourraient être réservés aux entreprises qui respectent l'exigence de diversité.

Soutenir la réussite des élèves les plus méritants
Les initiatives de l'IEP de Paris et de l'Essec ont ouvert la voie. Des conventions avec les grandes écoles pourraient être généralisées afin de créer des voies de préparation et/ou de recrutement spécifiques pour les élèves méritants des lycées de ZEP.
Il faut aussi envisager l'octroi de bourses d'excellence, la création d'internats de réussite éducative, la création de formations spécifiques aux concours de la fonction publique.

Passer de la politique des zones prioritaires à celle des élèves prioritaires
Les ZEP sont un échec. L’effort spécifique en faveur des ZEP représente 1,2 % du budget de l'Éducation nationale et les résultats ne sont pas bons. Il faut centrer l'effort sur les élèves et créer de la mobilité: envoyer les élèves dans d'autres établissements, créer des établissements expérimentaux avec une vraie liberté de recrutement et de projet pédagogique pour les chefs d'établissement, ainsi qu'une bonification significative pour les enseignants (20 à 30 %). La fermeture des établissements en trop mauvais état est indispensable.


1 – SEGREGATION URBAINE : S’INTERESSER AUX PERSONNES, PAS SEULEMENT AUX IMMEUBLES

La société française est traversée par un mouvement de ségrégation généralisée, qui conduit chaque classe sociale à se regrouper dans les mêmes quartiers, guidée par un désir de vivre « entre soi ». Les ghettos urbains dans lesquels sont reléguées les populations les moins favorisées constituent l'expression la plus visible d'une fracture spatiale plus générale, que la politique de la ville a été incapable de réparer; Aujourd'hui, il faut réorienter l'action publique vers l'insertion sociale des individus, plutôt que vers les immeubles ou les zones, en favorisant leur mobilité professionnelle et résidentielle.

Inciter à l'embauche des personnes issues les zones franches urbaines (ZFU)
La politique des ZFU se réduit à l'idée que l'habitant l'un quartier en difficulté doit trouver un emploi sur son lieu de résidence. Ce dispositif demande à être complété par des exonérations de charges sociales patronales pour toute entreprise non située en ZFU embauchant une personne habitant dans une ZFU.

Aider chacun et notamment les revenus modestes à devenir propriétaire de son logement
Même s'il est souhaitable, l'objectif de 20 % de logements sociaux dans chaque commune ne règle en rien le problème de la mixité sociale. 64 % des Français peuvent prétendre à un logement social. Résultat: les plus défavorisés seront toujours relégués dans les quartiers les plus difficiles.
En revanche, favoriser l'accès de tous à la propriété constitue un vrai projet populaire: réforme du crédit hypothécaire pour que les crédits immobiliers soient uniquement garantis sur la valeur des biens achetés; vente du foncier dissociée de celle du bâti, afin de donner aux ménages le temps d'acquérir leur maison tout en leur laissant la possibilité d'acquérir plus tard le terrain; 1 % du parc HLM vendu aux locataires chaque année, soit 40 000 logements.

Impliquer les opérateurs privés dans la construction de nouveaux logements sociaux
Afin de soutenir l'offre locative sociale, des programmes mixtes de construction de logements sociaux dans les zones qui en sont le moins pourvues devraient être encouragés. Lors de la construction ou de la réhabilitation de logements du parc privé dans une zone déficitaire en logements sociaux (moins de 20 %), la commune inciterait l'opérateur à réserver au moins 20 % de surface à des logements sociaux dans l'immeuble en question.

Créer un « certificat de bon locataire » pour les locataires remplissant correctement l'ensemble des conditions de leur bail
Il permettrait d'atténuer certaines idées reçues et faciliterait la recherche de logement.

Renforcer les mécanismes de solidarité financière entre les collectivités locales, en incitant surtout les collectivités favorisées à aider elles-mêmes les collectivités moins favorisées.

par Amispheresud publié dans : civis
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Mardi 16 janvier 2007

La politique de l'immigration choisie met en place les conditions nécessaires pour passer d’une immigration subie à une immigration choisie. Concrètement, cela signifie de lutter plus efficacement contre l’immigration illégale, de mieux encadrer l’immigration légale et de permettre aux migrants de réussir leur intégration au sein de la société française.


Renforcer la lutte contre l’immigration illégale :

• en mettant fin aux régularisations automatiques
Un étranger présent illégalement sur le territoire français depuis dix ans n’aura plus droit automatiquement à un titre de séjour comme c’est le cas actuellement. La décision de régulariser un étranger en situation irrégulière, pour des raisons humanitaires, sera prise au cas par cas par les préfets.

• en luttant contre le travail des étrangers en situation irrégulière
Les étrangers qui travaillent illégalement en France ont vocation à être renvoyés dans leur pays d’origine.
Un décret en cours d’élaboration contraint les employeurs à payer les frais de retours de leurs employés en situation irrégulière. Une peine d’interdiction d’exercer une activité professionnelle en France pourra être prononcée, en outre, à l’encontre des employeurs étrangers de travailleurs clandestins.


Mettre fin au détournement des procédures d’immigration légale

• Lutter contre les mariages de complaisance
Le mariage d’une personne étrangère en situation illégale avec un(e) Français(e) n’impliquera la reconnaissance automatique du droit au séjour. La personne devra attendre trois ans de vie commune (contre 2 actuellement) et démontrer qu’elle a respecté le contrat d’accueil et d’intégration.
Pour obtenir une carte de séjour temporaire, les conjoints de Français devront justifier d’un visa long séjour de plus de trois mois.

• Mieux encadrer le regroupement familial
Tout étranger qui demandera à être rejoint par sa famille devra prouver qu’il peut la faire vivre à partir des revenus de son travail, hors prestations sociales. Le délai de présence sur le sol français obligatoire pour déposer une demande de regroupement familial passe en outre de 12 à 18 mois. Enfin, le maire de la commune devra attester de l’intégration du demandeur, en particulier de son respect des principes républicains et de sa maîtrise de la langue française.

• Renforcer l’application des décisions administratives
L'administration pourra désormais assortir sa décision de refus ou de retrait d'un titre de séjour d'une "obligation à quitter le territoire français".
La personne disposera de quinze jours, et non plus d’un mois, à compter de la notification de la décision de l'administration, pour déposer un recours, suspensif, devant le tribunal administratif.


Encourager une immigration professionnelle et étudiante de qualité

• Par la mise en place d’un système d’immigration à points
Chaque année, le gouvernement indiquera dans un rapport au Parlement les objectifs quantitatifs prévisionnels de visas et de titres de séjour pour les trois années à venir en fonction des capacités d’accueil de la France en matière d’emploi, de logement, d’éducation nationale.
Ces objectifs chiffrés porteront sur les grandes catégories de visas et de titres de séjour: famille, travail, étudiant, politique.

• par un meilleur ciblage des travailleurs étrangers en fonction des besoins de l’économie française

Trois nouvelles dispositions sont prévues :
1. Pour les travailleurs saisonniers, un titre de séjour triennal renouvelable est créé. Il leur donne la garantie, avant de rentrer dans leur pays, de pouvoir revenir en France l’année suivante.
2. En ce qui concerne les talents étrangers, une carte de séjour d’une durée de trois ans renouvelable sera proposée aux migrants hautement qualifiés (scientifiques, informaticiens, intellectuels, artistes), susceptibles de participer « de façon significative et durable au développement de l’économie française ou du pays dont il a la nationalité ».
3. Enfin, dans certains secteurs d'activité et dans certaines régions il sera possible de surseoir à la règle qui stipule qu’une entreprise ne peut recruter un étranger que si la compétence est introuvable sur le territoire national. C’est le cas par exemple dans les secteurs de la "mécanique, maintenance industrielle, froid, hôtellerie-restauration, des travaux publics, infirmières".


• Par une meilleure attraction des étudiants les plus qualifiés
Les étudiants accueillis seront admis en fonction de plusieurs critères : nationalité, niveau d’études, filière... La priorité sera donnée à un étudiant qui choisira une voie universitaire pour laquelle on manque d’étudiants.
Les étudiants bénéficieront d’une carte de séjour d’un an (prolongeable jusqu’à 4 ans pour préparer un master) ; un titre de séjour complémentaire de 6 mois sera accordé à ceux qui souhaitent compléter leur formation par un premier emploi dans notre pays.
Une carte spéciale de séjour sera délivrée aux meilleurs étudiants en contrepartie de l’obligation de retourner dans leur pays d’origine afin qu’ils rendent à celui-ci une partie du bénéfice de leur formation et ne le prive pas de ses élites".


Mettre en place les conditions d’une intégration réussie


• Par une meilleure prévision des flux, permettant d’ajuster l’offre de logement et de travail à la demande.

• par la généralisation du contrat d’accueil et d’intégration :
Ce contrat définit plusieurs engagements de l’Etat à l’égard du migrant : obligation de lui apprendre le français, de l’orienter dans ses démarches pour chercher un emploi, de le protéger contre les discriminations.
En retour, le migrant devra s’engager à apprendre obligatoirement notre langue, et à respecter nos lois ; une attention particulière sera portée au respect des droits de la femme.
Les préfets et les maires auront la charge de vérifier si le contrat d’accueil et d’intégration a été respecté avant de délivrer une carte de résident de 10 ans.

par Amispheresud publié dans : civis
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Lundi 15 janvier 2007

Tout commence avec la loi du 2 juillet 1964 relative aux droits civils. Le titre VII prescrit l'établissement de traitements différentiés à l'embauche et lors de l'évolution de la carrière fondés sur la race, de la couleur (ce qui doit être distingué, donc, de la race), le sexe, l'origine religieuse ou nationale. Ce sont dans les sanctions que l'on voit intervenir l'emploi du terme affirmative action. En effet, il est fait devoir au juge qui constate une telle discrimination de prendre toute "affrimative action" appropriée pour y remédier. Il s'agit en l'occurrence d'ordonner la réintégration ou le recrutement de la victime de la discrimination. Dès l'origine donc, l'affirmative action se présente comme une mesure de réparation, ou de remède à une situation défavorable. Mais elle a également pour fin d'éviter que la situation ne se reproduise ; d'où une série de pouvoirs conférés au juge.

L'executive order du 25 septembre 1965 prévoit des mesures analogues dans le cadre des contrats passés avec l'Etat. Les entreprises qui y prétendent doivent assurer une politique de recrutement aveugle aux critères sus-évoqués. La sanction de l'absence d'une telle politique réside dans la possibilité pour l'adminsitration fédérale de mettre fin aux dits contrats. L'importance de ce texte est qu'il fait reposer la mise en oeuvre des politiques anti-discriminatoires sur la volonté des acteurs privés.

L'évolution du principe posé par les textes de 1964 et 1965 intervient de deux manières : d'une part, l'administration s'avise que l'égalité des chances ne peut résider seulement dans l'abstraction de proclamations. L'idée est que si l'individu doit franchir des obstacles pour accéder aux biens et honneurs promis par le modèle américain, encore faut-il que la compétition soit raisonnablement loyale (fair). Aussi bien l'égal accès à l'éducation et à l'emploi sont-ils une condition de la compétition individuelle qu'il convient d'assurer. C'est pourquoi, d'autre part, il est nécessaire d'assurer la déségrégation scolaire.

C'est la l'oeuvre de la cour suprême dans un arrêt Green V.New Kent county scholl board (1968). L'idée qui préside à la décision est que le seul jeu des forces sociales ou des mentalités ne permettra pas d'assurer la déségrégation entre populations noires et blanches. Il incombe aux autorités, donc, de garantir la déségrégation. Celle-ci ne constitue pas seulement une condition, mais un objectif à atteindre. C'est pourquoi pèsent sur les autorités une obligation positive. Cette obligation positive peut se résoudre dans la prise en compte du critère racial pour établir des mesures de déségrégation.

Dans l'arrêt, Griggs V. Duke power (1971) , la Cour suprême franchit une nouvelle étape. L'application de la législation anti-discriminatoire ne doit plus résulter de l'intention discriminatoire, mais doit prévenir les discriminations structurelles. En d'autres termes, la satisfaction aux exigences de non discrimination ne réside pas dans la garantie d'une procédure colour blind (aveugle à la couleur), mais dans l'obtension d'un résultat objectivement mesurable en termes de non discrimination. Il s'agit pour ce faire de se référer à des indicateurs chiffrés de parité statistique. Naturellement, une telle position n'est pas exempte d'ambiguïtés qui alimentent les fantasmes français (le problème des quotas).

Toujours est-il que les principes de l'affirmative action sont en place qui vont intervenir dans deux domaines principaux : les politiques préférentielles dans les entreprises, et les politiques d'intégration prioritaire dans les administrations et les universités. Il convient à cet égard de noter que les politiques dont il est question ici représentent une multiplicité de procédures dont il convient d'évaluer l'effet. En aucune manière la législation américaine n'impose-t-elle avec précision les conditions de recrutement dans une entreprise (une administration) ou d'admission au sein d'une université. C'est donc à l'occasion de la contestation des mesures mises en place de façon autonome et volontaires par les différentes institutions que se dessine le contour de ce qu'on appelle de façon générale l'affirmative action.

par Amispheresud publié dans : civis
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Lundi 15 janvier 2007

Longtemps on a buté sur la traduction. Comment dit-on, en français, affirmative action ? Facilement traduisibles séparément, les deux mots inversés et mis bout à bout restaient obstinément vides de sens. Alors, longtemps, les observateurs de la scène américaine se sont contentés d'écrire "affirmative action" et d'assortir l'expression anglaise d'explications alambiquées.

C'était, après tout, un concept très éloigné de nos pratiques républicaines, mis en œuvre à partir de la fin des années 1960 aux Etats-Unis sous l'impulsion de la "Great Society" chère à Lyndon Johnson : favoriser, par une politique préférentielle volontariste, l'accès à l'emploi et à l'enseignement supérieur de certaines catégories de population victimes de discrimination, c'est-à-dire les femmes et les minorités ethniques (noires, hispaniques, etc.).

Et puis la traduction "discrimination positive" est apparue. Est-ce un hasard si, finalement, et sans doute inconsciemment, les Français ont adopté l'expression "discrimination positive" plutôt qu'action affirmative"? Non.

Parce que "discrimination positive" a une connotation négative. Dans "discrimination positive", il y a "positive", mais il y a d'abord "discrimination".

Choisir cette traduction, c'était déjà porter un jugement sur le concept. Pour les Américains, le concept était positif, et les mots choisis le prouvaient. Pour les Français, il était négatif, d'emblée. Qui dit "discrimination", positive ou négative, dit contraire à l'égalité.

Mais voilà que le débat surgit, biaisé par les mots, mais forcé par la réalité.

L'intégration ne s'est pas réalisée. Les inégalités se sont creusées. En France, les enfants issus de l'Afrique subsaharienne sont quatre fois plus au chômage que les enfants de Français. La part des jeunes d'origine étrangère dans les grandes écoles est passée de 21 % dans la première moitié des années 1950 à 7 % aujourd'hui, selon un rapport de Michel Euriat et Claude Thélot. Cette discrimination-là est très, très négative. Les frustrations qu'elle engendre dans les "quartiers" aggravent la "fracture sociale" et nourrissent les extrémismes.

De toute évidence, l'intégration ne se fait pas spontanément. Le moment n'est-il donc pas venu de dire qu'un coup de pouce est nécessaire ?

Le 22 novembre 2004, en pleine tempête sur le foulard, le ministre de l'intérieur lance un pavé dans la mare. "Reconnaissons les échecs de l'intégration à la française, déclare Nicolas Sarkozy sur France 2. Je crois en la discrimination positive : il est des territoires qui ont tellement plus de handicaps que, si on ne leur donne pas plus qu'aux autres, ils ne pourront pas s'en sortir." C'est exactement le principe sur lequel est fondée la petite expérience lancée en 2001 à Sciences-Po et qui, dans son extraordinaire audace, a permis en 2003 l'admission en première année de 37 étudiants originaires de ZEP (zones d'éducation prioritaire), ces fameux " territoires qui ont des handicaps". Contestée devant les tribunaux, cette initiative en est sortie modifiée dans la forme, mais confirmée dans son principe. Elle est considérée comme une réussite.

En quelques jours, la position de M. Sarkozy sur la discrimination positive est désavouée par le plus grand nombre. Est invoqué "le principe de l'égalité devant la loi".

Quelle égalité ? Celle, sans doute, qu'affirme la Constitution de 1958. Mais, M. Chirac en convient, cette égalité de principe ne s'est pas traduite dans les faits. Il y a même eu, a-t-il dit il y à quelques années, "un recul", y compris dans les échelons élevés de la société. "Faut-il parler de discrimination ? Oui, mais elle est négative et elle n'a pas été volontaire (là, il se trompe !!), note le président. Il y a une espèce de système qui, tout naturellement, s'auto-protège, s'auto-alimente, s'auto-nomme. Et donc, il y a là quelque chose contre quoi il faut réagir."

C'est à peu près le constat que faisaient les responsables américains à la fin des années 1960. C'est le constat que peuvent faire tous les Français, aujourd'hui, s'ils se donnent la peine de regarder autour d'eux au sommet des administrations, des partis politiques, des universités, des grandes entreprises, de la presse écrite et des chaînes de télévision : les élites françaises sont essentiellement masculines, uniformément blanches, désespérément fermées. Faut-il donc préférer de facto une discrimination négative à une discrimination positive, mais contraire au "principe de l'égalité"? Faut-il indéfiniment accepter qu'au nom de l'égalité se perpétuent les inégalités ?

 Peut-être est-il temps de se pencher attentivement sur les expériences d'"action positive" menées à l'étranger, de voir à quel point ce débat a évolué depuis près de quarante ans, d'en laisser de côté les aspects les plus brutaux et les plus impopulaires et d'en adapter la dynamique, celle de mesures préférentielles visant à compenser des discriminations, à nos réalités. Cette même dynamique qui a favorisé l'émergence d'une classe moyenne noire aux Etats-Unis et fait dire en 1996 à un certain Colin Powell, fils d'immigrés jamaïcains, que, sans l'affirmative action, il ne serait jamais devenu général.

par Amispheresud publié dans : civis
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