Jeudi 19 octobre 2006

L'Association Française pour l’Insertion des Jeunes Diplômés (AFIJ), dont la mission consiste à faciliter et à améliorer l'insertion professionnelle des étudiants et des jeunes diplômés, mène des actions spécifiques depuis 1997  avec l'aide de la Politique de la Ville pour les "jeunes diplômés des quartiers en difficultés". A partir des actions expérimentales menées en 97/98 sur les quartiers en difficulté, l'AFIJ a mené une étude pour mieux cerner l'identité de ce public et les difficultés rencontrées dans leur accès à l'emploi. Sur plusieurs sites en France, l'AFIJ  a développé une démarche d'accompagnement spécifique pour les jeunes diplômés issus de l'immigration, afin de pallier leur handicap principal, qui réside selon elle dans l'absence de réseau relationnel. " Cette absence les empêche d'accéder à l'emploi " caché ", alors que la majorité des jeunes obtient son premier emploi de cette manière " indique l'association. Par ailleurs, son enquête montre que plus le diplôme est élevée, plus il est difficile pour un jeune diplômé issu de l'immigration de trouver un emploi, la discrimination jouant encore davantage pour les postes à responsabilité.

 

Ainsi, les jeunes diplômés issus de l'immigration représentent 50% du public accueilli par l'association en France. Face à ce public, qui, selon l'association, " identifie le problème de la discrimination raciale comme la raison principale de leur difficulté à accéder à l'emploi ", l'AFIJ a décidé de changer ses méthodes habituelles pour engager un suivi individualisé de ces jeunes. Ce suivi individuel a pris la forme d'un parrainage par un expert, issu de structures partenaires telles que la jeune chambre économique, l'ANDCP (association nationale des directeurs du personnel), les unions patronales locales, et travaillant dans le secteur d'activité que les jeunes diplômés voulaient intégrer. Les parrains, qui ont eu pour mission  d'apporter des informations concrètes aux jeunes diplômés et de leur faire bénéficier de leur réseau professionnel, ont permis à l'AFIJ d'obtenir des résultats satisfaisants. A Marseille par exemple, le taux d'insertion a été de 61,5%. Cette démarche montre que seule une action volontariste peut apporter des résultats. Si les associations de lutte contre les discriminations et les pouvoirs publics demeurent opposées à la politique des quotas, la réalité montre que des actions volontaristes sont indispensables pour créer une dynamique en la matière.

 

En France, pour des raisons historiques et culturelles, la question de la discrimination raciale  a été peu prise en compte avant la fin des années 90. Le principe d'égalité républicain a longtemps masqué l'inégalité de traitement souvent réservé aux français issus de l’immigration subsaharienne sur le marché de l'emploi. En 1997, le traité européen d'Amsterdam a imposé à la France, comme aux autres pays de l'Union, de construire une politique active de lutte contre les discriminations de toute nature, et notamment contre les discriminations raciales. La loi sur l’égalité des chances constitue à cet égard un début de réponse, mais n'a que peu d'influence sur la politique de recrutement des entreprises. De plus, nous venons d’apprendre que le CV anonyme ne sera pas imposé par la loi. Encore une fois, la France refuse de se donner les moyens de la contrainte pour lutter contre les discriminations à l’embauche. Les pouvoirs publics veulent nous faire croire que la Charte de la Diversité serait suffisante pour corriger les erreurs du passé. Nous n’y croyons pas.

 

Plusieurs études, récentes ou non, montrent que la première des discriminations concerne l'emploi (près de 40 % des cas), suivi par l'inégalité de traitement par la police et la gendarmerie (17 %), l'accès aux loisirs et au logement (13 % chacun). Ce phénomène, qui touche encore plus les jeunes diplômés de l'enseignement supérieur,  a amené l'association française pour l'insertion des jeunes diplômés (AFIJ) à développer un programme spécifique que nous venons d’évoquer. La réalité montre que les actions volontaristes sont indispensables pour créer une dynamique en matière de lutte contre les différentes discriminations.

 

 

La question qui reste posé est de savoir si les politiques volontaristes en matière de lutte contre les inégalités sont des politiques de discrimination positive …. Il apparaît que l’essentiel ne soit pas dans la terminologie mais bien dans les tentatives de parvenir à une équité républicaine.

 

 

par Amispheresud publié dans : civis
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Vendredi 6 octobre 2006

Crise du modèle d’intégration,  ascenseur social en panne…: autant de constats alarmants sur la société française dominée par la perpétuation des privilèges, la reproduction de la pauvreté et de l’exclusion et par toutes les discriminations qui empêchent les jeunes issus de l’immigration d’entrer dans une compétition juste.

 Les efforts réels des pouvoirs publics en faveur des territoires défavorisés dans le cadre de la politique de la ville notamment  (création des ZEP, des Zones franches urbaines, etc.) n’ont pu éviter le retour des crises et violences urbaines nourries  par un sentiment d’injustice.

 D’où l’émergence d’un débat en France autour d’une politique de discrimination positive audacieuse : donner plus à ceux qui ont moins,  développer à grande échelle des systèmes d’admission préférentiels … Faudra-t-il en  passer par la discrimination positive, largement étrangère à la tradition française,  pour rétablir « une réelle égalité des chances » ? Au prix d’un écart avec l’un des principes constitutionnels de notre République, l’égalité de traitement ?

 Il faut rappeler la signification de ces deux valeurs fondatrices de la République : celle-ci ne reconnaît que des citoyens égaux en droit quels que soient leur sexe, leur origine ethnique ou religieuse (égalité des droits ou égalité de traitement). L’égalité des chances affirme que chacun, quels que soient son origine sociale ou son lieu de naissance, doit avoir les mêmes chances de s’élever, par son propre mérite, dans l’échelle sociale.
Cependant, l’égalité des chances, lorsqu’elle ne s’accompagne pas de mesures concrètes pour aider ceux qui ont des handicaps de départ, risque de n’être plus que l’alibi servant à justifier les inégalités sociales à l’arrivée (inégalités de résultats), faisant peser sur le seul individu la responsabilité de son sort (échec ou réussite). On peut alors retenir une définition de l’égalité des chances qui impliquerait que les effets de la naissance soient neutralisés : «L’égalité des chances, c’est le droit de ne pas dépendre exclusivement de la chance ou de la malchance » (André Comte Sponville).

 La notion de discrimination a d’abord une signification négative bien marquée dans le Code pénal français : « c’est le traitement défavorable dont sont victimes les personnes vulnérables en raison de leur appartenance à un groupe défini par une caractéristique particulière ». Toujours négative dans la réalité, la discrimination peut devenir positive quand elle exprime une volonté de corriger et de compenser des inégalités manifestes dont pâtit une population particulière. On peut alors définir la discrimination positive comme l’ensemble des mesures destinées à permettre le rattrapage de certaines inégalités en favorisant un groupe par rapport aux autres, quitte à transgresser de façon temporaire l’égalité des hommes en droit. La discrimination positive repose sur une conception de la justice qui privilégie l’équité sur la stricte égalité de traitement.

 C’est d’abord sur le terrain scolaire que se vérifie la réalité de l’égalité des chances, seule justification des inégalités de réussite car fondées sur les talents et les mérites. Or l’échec précoce touche surtout les enfants des milieux populaires ou issus de l’immigration alors qu’à l’autre bout de la chaîne, les écarts se creusent entre des diplômés universitaires, de plus en plus nombreux mais aussi plus souvent victimes du chômage, et l’élite des grandes écoles qui peinent à démocratiser leur recrutement.
Selon une enquête de l’Observatoire des discriminations (Université Paris I), une personne d’origine noire africaine a cinq fois moins de chances d’obtenir un entretien d’embauche à CV équivalent.
Le taux de chômage des jeunes (18-25 ans) en zone urbaine sensible atteint 38%, soit le double de la moyenne nationale pour cette tranche d’âge.  
Dans ce contexte d’échec relatif des politiques publiques, la proclamation réitérée des valeurs de la République  (égalité des droits, égalité des chances…) n’apparaît-elle pas largement incantatoire ?

 C’est aux Etats-Unis, dans les années 60, qu’ont été développées des politiques de discrimination positive (affirmative action) en faveur de populations victimes d’un lourd passé d’injustices et de discriminations (Noirs, Hispaniques…) dans trois domaines : attribution des marchés publics, entrée à l’Université et dans la fonction publique grâce à un système de quotas et de places réservées. Ces mesures ont aidé à l’émergence d’une classe moyenne afro-américaine et permis l’accès de personnes de couleurs à de hautes responsabilités (C. Powell, C. Rice…).

 Cependant, à la différence des Etats-Unis ou de l’Inde (exemple des Intouchables) où la discrimination positive s’appuie explicitement sur les caractères personnels et indélébiles de l’individu (« appartenance ethnique » ou religieuse, caste d’origine), la France ne connaît que les inégalités socioéconomiques ou territoriales, refusant d’ailleurs toute référence à l’origine ethnique des individus dans les statistiques démographiques. Il n’en reste pas moins que la loi du 8 juillet 1999 sur la parité en politique traduit une volonté de discrimination positive en faveur des femmes au point de justifier une réforme de l’article 3 de la Constitution (« la loi favorise l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives »), même si les femmes ne constituent pas un groupe minoritaire...Serait-il plus facile de reconnaître la discrimination qui touche les femmes (nous sommes dans le politiquement correct) que celle qui frappe les populations françaises issus de l’immigration d’Afrique Noire ?

 La discrimination positive est au cœur du débat politique en France, notamment depuis que Nicolas Sarkozy s’est déclaré favorable à l’adoption de telles mesures pour réformer le modèle social français.

 

  On peut regrouper les arguments des adversaires de la discrimination positive autour de trois grands thèmes : 

  - Une efficacité limitée : aux Etats-Unis, les mesures de discrimination positive n’ont pas suffi pour éradiquer la pauvreté dans la population noire. Ces mesures viseraient les effets et non les causes des discriminations ;
- Des effets pervers : la discrimination positive se retourne contre les populations qu’elle est censée favoriser en instillant le doute sur le niveau de leurs résultats et la qualité de leur compétence, voire en les stigmatisant ;
- Une entorse grave au principe de l’égalité des chances, qui menace le pacte républicain : en mettant en avant le critère de l’origine au mépris des mérites et des talents, la discrimination positive risque d’apparaître comme un traitement de faveur, en particulier pour l’accès aux filières sélectives de l’université et des grandes écoles. Certains, notamment les membres des classes moyennes, peuvent ainsi se dire victimes d’une « discrimination à rebours », payant pour des injustices passées dont ils ne sont pas responsables.

 

 

 

 

 

par Nze Ekekang Freddy publié dans : civis
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Mercredi 3 mai 2006
Les objectifs de la première loi dite "loi Sarkozy" sur l'immigration constituait pour nous une avancée vers une clarification de la politique d'immigration de la France. Malheureusement, à leur de l'étude au parlement français de la seconde loi sur l'immigration, cette loi promulguée le 26 novembre 2003 n'a toujours reçu aucun décrêt d'application. Nous nous interrogeons donc sur l'opportunité d'une nouvelle loi.

Quelle fut le sens de la première loi sur l'immigration?

1.  Lutter contre l’immigration clandestine

Le projet de loi complète les dispositions législatives existantes :
· Le texte crée un fichier des empreintes digitales des demandeurs de visas, qui permettra d’identifier des étrangers qui, entrés légalement sur le territoire, s’y sont maintenus illégalement.
· Le projet de loi institue désormais un contrôle des attestations d’accueil : le maire pourra refuser de valider l’attestation d’accueil lorsque les demandes précédentes feront apparaître une tentative de fraude ou lorsque le contrôle du logement effectué par l’Office des migrations internationales montrera que les conditions normales d’hébergement ne sont pas réunies.
· Le projet de loi renforce l’arsenal des sanctions dirigées contre les passeurs et les transporteurs.

Le projet de loi propose une réforme des procédures d’éloignement des étrangers en situation irrégulière

·  La durée de rétention administrative est significativement augmentée : la durée maximale de rétention variera de 26 à 32 jours et constitue donc un progrès important par rapport au délai actuel de 12 jours, incompatible avec les délais habituels de délivrance des laissez-passer consulaires et l’organisation de vols groupés entre Etats de l’Union européenne.
· Ce délai se rapproche en effet des durées minimales de rétention applicables dans les Etats de l’Union européenne.
· Parallèlement, les garanties accordées aux étrangers maintenus en centres de rétention sont renforcées. Une commission nationale de contrôle des centres et locaux de rétention sera chargée de veiller au respect des droits des étrangers retenus et aux conditions de leur hébergement.

Lutter contre les mariages et les reconnaissances de paternité de complaisance

· Afin de lutter contre les mariages « blancs », la durée de vie commune nécessaire à la délivrance de la carte de résident au titre du mariage avec un ressortissant français passera d’un à deux ans.
· De même, la qualité de parent d’un enfant français ne donnera accès à la carte de résident qu’après deux ans d’exercice de l’autorité parentale et de participation aux frais d’entretien de l’enfant.
· Le projet de loi institue également un délit d’organisation ou de participation à un mariage de complaisance, puni de 5 ans de prison et 30 000 euros d’amende.
· Le texte prévoit que les officiers d’état civil devront vérifier  la situation au regard du droit au séjour des personnes qui veulent se marier en France. En cas de séjour irrégulier, le préfet sera informé et le maire pourra saisir le procureur d’une enquête sur les intentions réelles des futurs époux. La durée de l'enquête est allongée.
· Enfin, en ce qui concerne les mariages célébrés à l’étranger, les futurs époux devront se présenter au consulat à trois reprises, afin de lutter contre les mariages contraints. Cette mesure protège notamment les jeunes femmes françaises issues de l’immigration mariées de force pendant les vacances.
 
2.    Assurer une meilleure intégration des étrangers 

Mieux cibler les conditions d’attribution des titres de séjour

· Le projet de loi subordonne la délivrance de la carte de résident à un critère d’intégration : après une première période minimale de 5 ans (contre 3 aujourd’hui), les étrangers qui se sont intégrés dans la société française pourront revendiquer le bénéfice d’une carte de résident de 10 ans.
· Cette condition d’intégration sera appréciée en tenant compte de différents critères (connaissance de la langue française, suivi d’une formation professionnelle…). Elle constituera une incitation forte au suivi du contrat d’intégration.
· Le projet de loi supprime l’obligation pour les ressortissants communautaires d’avoir un titre de séjour.

Mieux encadrer le regroupement familial
 
· Les membres regroupés d’une famille n’auront plus droit automatiquement à la carte de résident, mais seulement au bout de 5 ans si leur intégration est satisfaisante. 

3.   Réformer le système dit de la « double peine »  

· Le projet de loi ne supprime pas les expulsions et la peine complémentaire d’interdiction du territoire, qui sont utiles pour éloigner des délinquants qui n’ont aucun lien avec le territoire français.
· En revanche, il faut protéger ceux qui ont tissé des liens importants avec la France, pour qui ces mesures constituent un bannissement et conduisent à l’éclatement des familles.
· Quatre catégories d’étrangers seront désormais protégées contre l’expulsion et l’interdiction du territoire français :
- les étrangers nés en France ou qui y résident depuis l’âge de 13 ans
- les étrangers qui résident régulièrement en France depuis 20 ans
- les étrangers qui résident régulièrement en France depuis 10 ans et sont mariés depuis 3 ans à un ressortissant français ou à un ressortissant étranger qui a passé toute son enfance en France
- les étrangers qui résident régulièrement en France depuis 10 ans et qui sont parents d’enfants français.
· Sont exclus de cette protection les étrangers auteurs d’actes de terrorisme, d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat ou de provocation à la haine raciale.

par Nze Ekekang Freddy publié dans : civis
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Vendredi 7 avril 2006

La loi a été promulguée le 31 mars 2006 et a été publiée au Journal officiel du 2 avril 2006.

Le Conseil constitutionnel, ayant été saisi le 14 mars 2006 d’un recours déposé par plus de 60 députés et plus de 60 sénateurs, avait rendu sa décision le 30 mars 2006 et avait validé, pour l’essentiel, le projet de loi.

Le texte définitif du projet de loi avait été adopté le 9 mars 2006, le Sénat ayant adopté le texte mis au point par la Commission mixte paritaire, texte déjà adopté par l’Assemblée nationale le 8 mars 2006.

Le projet de loi avait été adopté par le Sénat en première lecture, avec modification, le 5 mars 2006.

Le gouvernement avait engagé, le 9 février 2006, sa responsabilité devant l’Assemblée nationale sur ce texte, en application de l’article 49 alinea 3 de la Constitution (le 49.3). En l’absence de vote d’une motion de censure dans un délai de 24 heures, le texte a été considéré comme adopté dans son intégralité par l’Assemblée nationale, urgence déclarée.

Le projet de loi avait été présenté en Conseil des ministres le 11 janvier 2006.

Ce texte est présenté comme une réponse aux situations d’inégalités et de discrimination qui touchent les populations des quartiers difficiles, notamment les jeunes.

Cinq objectifs principaux sont annoncés :

- favoriser l’emploi des jeunes résidant dans les zones urbaines sensibles

- renforcer la lutte contre les discriminations

- encourager les parents à exercer leur autorité parentale

- renforcer les pouvoirs des maires face aux délits et incivilités

- mettre en place un service civil volontaire permettant l’acquisition d’une formation civique et professionnelle

Les principales mesures sont :

- l’institution de "l’apprentissage junior" à partir de 14 ans, comportant une première phase d’initiation aux métiers (phase initiale) et une seconde phase durant laquelle le jeune se trouve réellement sous contrat d’apprentissage (phase confirmée). La possibilité d’un retour à l’enseignement général à la fin de la phase initiale est prévue.

- 15 nouvelles "zones franches urbaines" sont créées, ce qui devrait porter à 100 le nombre des ces zones dans les quartiers difficiles

- une Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances doit être créée, chargée de mener des actions dans les quartiers.

- les pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) doivent être renforcés, la pratique du "testing" (contrôle à l’improviste des pratiques discriminatoires dans les discothèques, entreprises, agences immobilières, etc...) est légalisée.

- un contrat de responsabilité parentale sera institué pour les parents d’enfants délinquants avec supension éventuelle de certaines allocations en cas de non respect de leurs obligations par les parents.

- le service civil mis en place devra concerner des jeunes entre 16 et 25 ans, sa durée sera comprise entre 6 et 12 mois. Il devrait compter 50 000 jeunes à la fin de 2006.

- un nouveau type de contrat de travail est créé à destination des jeunes travailleurs (moins de 26 ans) : le "contrat première embauche" (CPE). Ce contrat, annoncé comme un contrat à durée indéterminée (CDI), est cependant assorti d’une période de 2 ans (dite "période de consolidation") durant laquelle il sera possible de le rompre sans motif. En cas de rupture du CPE par l’employeur, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat égale à 8 % du montant total de la rémunération brute depuis la conclusion du contrat. Si la rupture se produit après 4 mois, une allocation forfaitaire de 16,40 euros par jour (492 euros par mois), financée par l’Etat, est versée pendant 2 mois. Ces dispositions créant le CPE ont été ajoutées, sous la forme d’un amendement déposé par le gouvernement, au cours du débat à l’Assemblée nationale.

 

par Amispheresud publié dans : civis
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Vendredi 7 avril 2006
La loi récemment promulguée par le Président de la République est la loi sur l’égalité des chances et non pas la loi CPE, même si certains s’efforcent d’entretenir la confusion. Le CPE ne concerne en effet qu’un seul des 52 articles de la loi. S’il était nécessaire de promulguer rapidement cette loi, c’est parce que les 51 autres articles comprennent des dispositions pour les jeunes, aussi importantes que l’apprentissage et l’alternance en entreprise, l’encadrement et l’indemnisation des stages, la réforme du contrat jeune, la création de l’agence nationale pour la cohésion sociale, l’instauration du CV anonyme, la mise en place du contrat parental ou la création du service civil volontaire. Elle comprend aussi des dispositions largement approuvées comme le renforcement des pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations ou le renforcement des zones franches urbaines.

Alors, arrêtons de laisser croire aux Français qu’il s’agit d’une loi promulguée mais qui ne s’appliquerait pas. C’est faux. Cette loi s’applique dès maintenant dans 98 % de ses dispositions et il était urgent d'agir.
N’oublions pas novembre 2005 ! C’est quatre mois plus tard que les mesures proposées pour l’égalité des chances ont été adoptées par l'assemblée nationale.

Cette loi veut mettre fin à des situations inacceptables d’injustice, d’inégalité et de précarité. Elle apporte des réponses structurelles dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et du développement économique. Elle développe l’apprentissage comme voie d’excellence, notamment avec l’apprentissage junior dès quatorze ans. Elle encadre et valorise les stages. Elle crée quinze zones franches et favorise la première embauche des jeunes les plus touchés par le chômage.

Elle apporte également des réponses aux graves questions d’inégalité et de discrimination. Elle instaure une agence nationale de cohésion sociale et d’égalité des chances. Elle renforce la présence de l’État dans les quartiers défavorisés et le soutien aux associations. Elle renforce les pouvoirs de la HALDE et porte les sanctions jusqu’à 15 000 euros. Elle légalise la pratique du test à l’improviste, préserve l’anonymat dans le recrutement et permet de veiller à ce que les médias reflètent la diversité de notre société. Enfin, elle crée un service civil volontaire qui va donner à 50 000 jeunes un encadrement et une formation nécessaires à leur intégration sociale et professionnelle. Alors, n’oubliez pas que cette loi permet aussi le retour de la confiance pour tous les Français qui restent sur le banc de touche pour cause de discrimination.
par Nze Ekekang Freddy publié dans : civis
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